Jeudi 2 septembre 2010 4 02 /09 /2010 00:00

 

 

Mirna Sanchez a parlementé pendant des heures avec le chef de la Tribu, loin de la ville de Bogota, perdue dans la forêt des brumes.  Elle a montré des photos. Des photos qu’elle avait reçues de son pays  quand elle était en France. Elle a montré des témoignages d’enfants qui ont dû être séparés à la naissance ou plus tard.  Des témoignages d’enfants et de femmes victimes de grandes violences.

.Elle a beaucoup discuté sur la condition des femmes. Mirna Sanchez a prouvé son savoir. Elle a prouvé qu’elle était déterminée pour  continuer sa mission dans son pays. Elle a prouvé qu’elle n’était pas seule à lutter contre des pratiques ancestrales.

Le chef de la tribu l’a écoutée avec bienveillance. Il lui a promis de discuter avec les membres de sa tribu et de faire changer les mœurs. Mirna Sanchez a un dossier signé de la main du chef de la Tribu pour que des changements soient officiels et non des paroles dans le vent.  .Mirna Sanchez qui a lutté depuis des années repart sereine. Elle n’aura pas lutté,  depuis la France, en vain, se dit-elle.

Mirna Sanchez est heureuse. Une lutte de cette envergure développe en elle, une grande joie et une force redoutable. Une force qu’elle ne soupçonnait plus.

Elle dansera la Salsa à  Villa de Leyva. Mirna Sanchez a reçu une invitation au festival des lumières. Elle dansera Mirna Sanchez, mais avant d’aller danser, elle a un rendez-vous urgent, dans la montagne.

 

 

 

 

 

Domingo Rinaldi a voyagé dans la forêt , loin de Villa de Leyva. Il a cheminé à cheval à travers les routes montagneuses.  Il s’est arrêté quand il a aperçu  une  maison basse, perdue,   au fond d’un chemin. Une petite maison cachée par de grands arbres et une forêt de nuages. Domingo Rinaldi n’a pas frappé à la porte. Une porte sculptée dans du bois. La lourde porte était ouverte. Domingo Rinaldi a simplement appelé. Il a entendu des pas dans le patio. Un patio empli de bougainvilliers et d’oiseaux. Domingo Rinaldi a reconnu les pas de sa mère qui l’attendait depuis des années. Elle a reconnu son fils après tant d’années de séparation. Elle n’a plus aucune crainte, la mère de Domingo Rinaldi. Son fils a changé de nom. Il est parti le jour de ses huit ans en France pour éviter le pire. La mort le guettait. Les tribus voisines savaient qu’il était jumeau. Il encourait la mort. Il est parti en France. Sa mère ne l’avait jamais revu. Pourtant, elle le reconnaît. Elle reconnaît les traits de son visage. Elle reconnaît sa chevelure épaisse et soyeuse. Elle reconnaît la stature des hommes de  sa famille en Domingo Rinaldi,  son fils. Un très beau jeune à l’allure élégante et sobre de l’homme qui a réussi sa vie.   Elle reconnaît ce regard noir qui se pose sur chaque objet de la maison. Ce regard qui cherche et qui réfléchit. Elle sait qu’il ne restera pas là, ce soir.

Domingo Rinaldi aperçoit sur le seuil de la maison, la danseuse de la rue des Coquelicots. Domingo Rinaldi reconnaît enfin sa sœur jumelle. Ils danseront, ce soir la Salsa au festival de la Lumière comme autrefois.

 

Par clem22 - Communauté : *la*muse*bleue*
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Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /2010 16:27

 

 

Vendredi 12 heures

Mirna Sanchez, dans sa chambre d’hôtel de Bogota,  a vêtu une belle robe longue bleu ciel  Elle a attaché ses longs cheveux bruns et frisés avec une barrette de saphir bleu.  Elle a chaussé des sandales bleues. Elle porte des lunettes de soleil à monture bleue. Elle part à un rendez-vous. Un rendez-vous très important.

 Mirna Sanchez se bat depuis des années pour l’évolution de la femme et l’évolution de certaines mœurs dans son pays.

Elle refuse que des jumeaux soient considérés par certaines tribus, comme des monstres et soient tués.

 Elle refuse l’inégalité entre les hommes et les femmes malgré les grandes avancées des dernières années.

 Elle refuse la violence exercée sur les enfants des rues et sur les femmes.

Elle a rendez-vous avec le maître de son ancienne tribu, la tribu à laquelle appartenait sa famille. Elle espère conclure un accord et se faire entendre par les pouvoirs publics.

Sa mission, elle l’accomplira dans ce pays qu’elle ne quittera plus jamais, se dit-elle en fermant la porte de son hôtel. 

 

samedi  1o heures

Le vent léger souffle sur  Villa  de Leyva quand Domingo Rinaldi descend de l’autobus réservé aux touristes. Villa de Leyva est située à 2149 m d’altitude dans la région andine colombienne à l’intérieur du département de Boyaca. Jolie petite ville touristique entourée, d’un côté, par des  montagnes à l’aspect ocre. De l’autre côté, une chaîne de collines avec des bois magnifiques et des zones cultivées. 

Cette ville  a conservé une architecture  coloniale, avec sa « plazza mayor » ses  maisons blanches aux balcons de bois peints en vert.

Domingo Rinaldi marche dans les rues pavées de grosses pierres ocres.  Les maisons sont couvertes de tuiles rouges.  Les murs blancs sont construits dans la chaux. Les portes de ces maisons sont sculptées. Les balcons  ont  la même particularité que ceux de la « plazza ». Ils sont en bois et peints en verts ou d’une couleur sombre. Ils sont décorés de plantes. Des pots suspendus contiennent des bougainvillées et des géraniums très coloriés.  Les cours intérieures des maisons sont de vrais palais avec des plantations, des fontaines et des ombrages.  Certaines possèdent des galeries d’art et des galeries d’artisanat d’art.

Les boutiques n’ont pas de vitrine. Une simple pancarte indique « drogueria » (pharmacie), « papeleria » (papeterie) ou « panederia » (boulangerie)… mais à la pharmacie, Domingo RInaldi peut y acheter une pile pour sa montre  ou une pellicule photo. A la librairie Domingo Rinaldi remarque que des médicaments y sont vendus. Dans cette ville quelques petites épiceries et pas de Supermarchés.

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Domingo Rinaldi  est heureux de constater que le samedi est un jour de marché.  Les « campecinos » (paysans) descendent de la montagne pour venir vendre leurs légumes et leurs fruits.  Ils ont le teint basané.  Ils portent sur les épaules  leurs « ruanas », ponchos en laine de moutons et sur la tête  de somptueux   « sombreros".  Domingo Rinaldi est attiré par les « burros » (ânes) attelés aux charrettes, et par  de nombreux chevaux. Les chevaux sont prévus pour les touristes qui veulent se promener dans les montagnes. Et justement, Domingo Rinaldi doit aller dans les montagnes pour y rencontrer quelqu’un qu’il n’a pas oublié. 

 

A suivre….

 

Par clem22 - Communauté : Les chroniques de la meute
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Mercredi 18 août 2010 3 18 /08 /2010 14:02

 

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Mercredi 11 heures

Domingo Rinaldi a voyagé toute la nuit. Il  franchit la porte de l’aéroport de Bogota, fatigué. Il regarde autour de lui. Le parvis de l’aéroport grouille de gens de toutes nationalités.  Les alentours de l’aéroport  sont  réservés au tourisme. Il  n’hésite pas. Il prend un autobus.

 Domingo Rinaldi n’est pas étonné de l’évolution de Bogota. Une ville qui tend vers l’américanisation. Une ville avec de grands immeubles où se côtoient , tous les jours, populations riches et pauvres.  Il n’est pas étonné que l’autobus soit confronté à des embouteillages monstrueux. Il n’est pas étonné du temps gris et des nuages qui couvrent le ciel.

 Domingo Rinaldi a le temps Il n’a prévenu personne de son arrivée. Il n’a pas de rendez vous. Il est revenu dans son pays. Il se sent libre,  Domingo Rinaldi.

Il descend à l’hôtel,  sur la place Bolivar située au cœur du quartier historique de Bogota. Une place bondée de photographes, de vendeurs, de groupes de théâtre de rue et d’enfants qui courent autour des centaines de pigeons.  Une place qui regroupe les grandes institutions de la Colombie. Le siège du Congrès National, la Mairie de Bogota, le Palais de justice, la cathédrale dans laquelle se trouve le tombeau de Gonzalo Jiménez de Quesada : le fondateur de Bogota. Des monuments à l’architecture somptueuse  avec la statue de Simon Bolivar réalisée par le sculpteur italien Piétro Tenarani Datant. Une œuvre considérée comme le plus ancien monument public de Bogota.

Domingo Rinaldi est surtout attiré par l’homme aux oiseaux sur cette immense place. Un spectacle. Une magie, pense Domingo Rinaldi.

 

 

Mercredi 11 heures

Mirna Sanchez est un peu perdue dans ce grand aéroport de Bogota. Elle sort de l’aéroport. Reconnaît cette ville où elle a vécu pendant quelques années. Devait-elle y revenir aujourd’hui ? Pourquoi ? Mille questions  surgissent dans son esprit. Où aller ?  Aller au hasard dans la ville ?  Ne pas sortir de Bogota. Marcher de quartiers en quartiers. Revoir ses souvenirs qui défilent dans sa tête et devant ses yeux. 

 

Elle marche dans les rues escarpées du quartier de la Candelaria, à l’Est de la place Bolivar. Elle admire le patrimoine architectural de l’époque de la colonisation espagnole avec les lourdes portes, les balcons, les ferronneries.

Le quartier lui paraît luxueux avec ses monuments, ses hôtels de luxe.

Mirna Sanchez s’assoit à la terrasse d’un café. Elle a le temps. Elle peut rester là, pendant un moment, se dit-elle. Plus de rendez-vous. Plus de contraintes. Elle pourrait dormir à l’hôtel. La vie est moins cher qu’à Paris. Cent fois moins cher.

Soudainement, elle sent la fatigue dans son corps. Elle se lève. Revient vers la place Bolivar. La place aux oiseaux. Elle entre dans un hôtel. Un hôtel avec un immense et ravissant jardin intérieur. 

De sa grande et somptueuse chambre, elle jette un regard sur la place  Bolivar. Elle aperçoit, les touristes qui cernent  l’homme aux oiseaux.

 L’oiseau jaune et bleu s’élève dans le ciel et vient se poser près de la fenêtre de sa chambre.

Mirna Sanchez ressent une profonde joie. Elle est sur le bon chemin, se dit-elle, en soupirant.

 

 

 

 

 

 

Par clem22
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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /2010 23:27


 

 

Mardi, minuit trente.

Mirna  Sanchez  a terminé ses entretiens téléphoniques. Elle ouvre son cahier mauve.  Ecrit quelques mots à l’encre mauve.  Referme le cahier. Le range dans le tiroir de l’armoire. L'armoire  mauve dans le coin du salon.

Elle revient vers la chaîne stéréo. Elle éteint la chaîne. Plus de son. Le silence s’impose dans la pièce. Elle n’aime pas tellement, le silence,  Mirna Sanchez.

Elle entend un bruit furtif. Un bruit furtif, du côté de la porte. Elle sursaute. Ecoute. Le silence s’impose, à nouveau. Elle revient vers la chaîne stéréo. La musique résonne en un murmure. Mirna Sanchez  fatiguée, s’endort sur son lit mauve. La nuit et sa fatigue ont eu le pouvoir sur les tasses de café.

 

 

Mardi : Une heure trente

Domingo Rinaldi, installé dans le salon de son appartement, situé au 3 rue des oiseaux, écoute la musique de son vieux tourne disques. Un tourne disques que ses amis d’école primaire lui avait offert. Il avait huit ans. Il se souvient de cette fête, à l’occasion de son anniversaire. Il n’a pas oublié. Il n’oubliera jamais. Il écoute de vieilles chansons qu’il fredonne. Il ne les écoute pas. Il vit les chansons. Elles épousent son corps, son âme, son être entier comme autrefois.
Domingo Rinaldi oublie le temps. Oublie son travail. Il oublie, tout Domingo Rinaldi. La nuit n’a pas de pouvoir sur la musique.

 

 Mardi : sept heures

 Mirna Sanchez se frotte les yeux. Le réveil a sonné. Elle se lève. Ouvre les volets mauves de son petit appartement. Elle se prépare pour aller à son travail. Un travail qui ne l’intéresse plus tellement. Trop répétitif, se dit-elle.

Mirna Sanchez revêt sa jolie jupe de danse. Une jupe gitane aux reflets rouges et jaunes. Une très belle jupe qui épouse la minceur de son corps élancé.  Ce soir, elle danse le flamenco dans la salle de danse,  de l’immeuble du 3 rue des Oiseaux, juste en dessous,  de son appartement.

 

 

 Huit heures

Domingo Rinaldi n’a pas dormi de la nuit. Il a écouté de la musique. Une idée à germer dans son esprit. Une grande idée.  Il ressent une joie sourde l’envahir quand il y songe. Il s’approche de son ordinateur. Il réfléchit. Non. Il n’enverra pas une lettre dactylographiée. Pas question. Il prend le papier à lettre blanc sur son bureau. S’assoit sur le fauteuil.

Il écrit une lettre à son patron. Il démissionne sans préavis. Pas question qu’il ne revienne travailler. Terminé les réunions. Terminé les collègues. Il ne jouera plus un rôle. Il sera lui-même. Ses rêves deviendront réalité.  Ses économies lui permettront de vivre ou de survivre. Il va rester dans son appartement. Ne pas sortir. Ne pas mettre un pied dehors. Un rêve qui  va se  réaliser. Il était temps, se dit-il.

 

 

neuf heures

Mirna Sanchez court vers l’université. L’université qui se situe près d’un parc. Un très grand parc. Elle ne veut rien entendre, rien voir, Mirna Sanchez. Elle ne veut pas entendre le bruit de la nuit précédente. Elle court sur le grand boulevard bordé d’arbres. Les arbres verts, aussi verts qu’une vallée de verdure. Mirna Sanchez ne voit pas les arbres. Elle n’en a pas le temps. Pas le cœur.

Elle pousse la grille de l’Université. Salue les agents. S’enferme dans son bureau. Elle sort les dossiers de son sac. Un sac jaune. Elle range ses lunettes de soleil. Des lunettes de soleil,  jaunes.

Elle ouvre son agenda. pas de rendez-vous. Elle doit accomplir  sa permanence. Elle soupire,  Mirna Sanchez. Elle hésite à ouvrir la porte du bureau quand quelqu’un frappe doucement. Non. Elle va réagir, se dit-elle. Elle doit vraiment réagir. Elle danse le flamenco, ce soir. Un grand moment.

Elle se dirige vers la porte. Une étudiante qu’elle ne connaît pas se présente. Mirna Sanchez, n’hésite plus. La journée débute agréablement.  Mina Sanchez  écoute attentivement l’étudiante en mastère 2 de sociologie. Une étudiante originaire de son pays. Un pays lointain et proche. Très proche de Mirna Sanchez.

 

 Dix heures

Domingo Rinaldi a terminé sa lettre de démission. Il l’a glissée dans une enveloppe beige. Un joli timbre orne l’enveloppe.  Il a rangé son appartement. Il a ouvert les valises. Ses affaires sont prêtes. 

Il n’ira pas à son cours de danse, ce soir. Terminé. Il a téléphoné à l’aéroport. Il quittera son appartement et cette ville dans un quart d’heures.

Il l’a décidé en une minutes quand il a entendu, le bruit. Un bruit qui l’a glacé, un moment. Il l’a écouté. Il n’a pas hésité.

Un bruit similaire à celui de la veille,  dans la nuit. Il doit partir en urgence, se dit Domingo Rinaldi.

 

Onze heures

Mirna Sanchez a reçu de nombreux étudiants. Plus personne à la permanence. Elle soupire. Se lève de sa chaise. Regarde par la fenêtre. Elle fredonne un air de musique. Une musique douce qui ne l’a pas quittée. Elle danserait bien dans son bureau. Elle ne danse pas. Elle ne peut pas danser dans son bureau, se dit-elle. 

Mirna Sanchez  aperçoit un oiseau sur la branche de l’arbre, en face de la fenêtre. Un bel oiseau jaune et mauve. Elle est attirée par l’oiseau. Un très bel oiseau. Elle savait bien qu’il reviendrait dans sa vie. Il lui enverrait  le signal.  Elle entend le bruit, le bruit de la veille, durant la nuit. L’oiseau ne se cache plus. Elle l’avait reconnu.

Mirna Sanchez n’hésite plus. Elle range en vitesse ses affaires sur son bureau. Prend ce qui lui appartient. Elle sort en trombe du bureau. Elle court, Mirna Sanchez. Elle court.

 

 12 heures

 

Domingo Rinaldi embarque à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Il a posté sa lettre à son patron. Le Directeur Général de sa société ne le cherchera pas.  Il n’en aura pas le temps. Personne ne le cherchera. Il n’avait pas d’amis, se dit-il en posant le pied dans l’avion. Ils jouaient tous des rôles. Il fallait être gentil avec tout le monde. Tout le monde jouait ce rôle et restait seul. Il était seul dans la vie. Seul au travail. Seul dans son appartement. Il n’était heureux qu’au cours de danse. La musique était son amie, la danse était son amie. Il dansera la-bas, dans le pays qui l’attend, il dansera la Salsa. Il dansera le folklore de son pays. Il n’a pas oublié ses huit ans.

Il n’oubliera jamais. Le destin le rattrape, l’a rattrapé. Domingo Rinaldi ressent une grande joie. L’avion décolle.

 

 

13 heures

Mirna Sanchez est entré dans son appartement du 3 rue des Oiseaux. Elle n’a pas mangé. Elle n’a pas faim. Elle a trié ses affaires dans les armoires,  les tiroirs.  Pas beaucoup d’affaires.  Ses affaires sont déjà dans sa valise et un sac de voyage jaunes. Elle a débranché son téléphone. Elle a jeté son téléphone portable. Elle a débranché son ordinateur portable. Elle a téléphoné à l’aéroport. Dans une heure, elle aura quitté son appartement, cette ville, ce pays. Elle part, Mirna Sanchez. Ses collègues la chercheront,  se dit-elle.

 Plus jamais, elle n’ouvrira la grille de l’Université. Plus jamais, elle n’accueillera un étudiant. Plus jamais,  elle n’accomplira un travail ingrat et répétitif, qu’elle n’aimait plus depuis quelques années. Une histoire d’amour qui se déchire. Cette histoire d’amour s’est usée avec les années. Très peu d’années.

 

 Sa famille ? Elle n’y songe pas. Elle  ne veut pas y songer. Elle doit partir, en urgence. L’oiseau et son sifflement.  Elle n’a pas oublié. L’oiseau ne l’avait pas oubliée. Elle n’a plus le temps de rédiger une lettre. Elle n’en a pas l’esprit. Elle ferme la porte de l’appartement. Jette la clé dans la boîte aux lettres. Sort dans la rue. Une rue  paisible. Elle observe autour d’elle. Personne. Un  oiseau sur la branche d’un tilleul. Un tilleul qui borde la rue.  L’oiseau jaune et mauve. Elle aimerait danser le flamenco pour l’oiseau. Elle ne danse pas. Elle court. Elle court vers l’autobus, Mirna Sanchez.

 

  A suivre......

 

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Par clementine severin - Communauté : Les chroniques de la meute
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Mardi 3 août 2010 2 03 /08 /2010 19:11

A une collègue Assistante sociale que je remercie pour m'avoir prêté son prénom

 

 

 

Lundi soir

17 heures 30.

Mirna Sanchez se lève de son siège, ferme la porte de son bureau. Plus personne ne doit entrer, se dit-elle. Elle range ses dossiers, en vitesse. Elle revêt son manteau  mauve.  Prend son cartable et son sac à mains mauve. Ouvre et referme à clé la porte du bureau. Personne dans les couloirs. Elle court. Elle n’a pas le temps de saluer les gardiens qui fument leur cigarette sur le parvis de l’université. Le soleil brille. La lumière du jour lui brûle un peu les yeux. Elle n’a pas le temps de chercher  dans son sac à mains, ses lunettes de soleil, mauves. Elle court vers la station du métro, la plus proche. Elle court dans l’escalier du métro.  Elle entre en trombe dans le wagon de tête. Le métro roule.

 18 heures

Domingo Rinaldi, assis sur son fauteuil,regarde l’heure à sa montre. Il est désolé que le temps passe aussi rapidement. Il n’ira pas à son cours de danse du  lundi soir. Depuis quand fuit-il le cours ? Il ne fuit pas, se dit-il. Les réunions s’enchaînent le lundi et il n’a plus de temps pour accomplir ses activités extraprofessionnelles. Plus de temps. Il prend une feuille blanche sur son bureau. Il saisit un crayon. Il griffonne quelques mots de regrets. Il se relit, froisse la feuille. La jette dans la poubelle, à côté du bureau. Son patron l’appelle. Domingo Renaldi se rend, tristement,  à la dernière réunion de la journée.

 

 

18 h 15

Mirna Sanchez pousse la porte cochère d’un vieil immeuble, au fin fond d’une banlieue parisienne. Elle gravit trois marches en pierre et ouvre une autre porte très ancienne. La musique la plonge dans un rêve éveillé. Elle ne voit personne. N’entend personne.. La musique l’envahit complètement. Elle pose ses affaires, en vitesse, dans le vestibule. Entre dans la salle de danse. Elle ne marche pas. Elle glisse lentement sur le sol, envoûtée par les sons de la musique douce. Elle danse, Mirna Sanchez. La musique épouse son corps, son esprit. 

 

 

 

22  h52

 

Mirna Sanchez  jette ses affaires sur le canapé mauve  de son salon. Elle s’assoit.. Elle sent la fatigue engourdir son corps.  Elle s’endormirait bien. Elle attrape la télécommande de la chaîne stéréo. La musique résonne dans son petit appartement. Un deux pièces qu’elle a emménagé, au-dessus de la salle de danse où elle suit son cours de danse, tous les soirs. Elle ne s’endort pas. Elle se lève et se dirige vers la petite cuisine meublée avec soins et délicatesse. Elle prépare un café. La nuit risque d’être longue. Mirna Sanchez va écrire et téléphoner. Chaque soir, après son travail et ses  cours de danse,  elle écrit et téléphone. La journée continue. La nuit n’aura pas d’emprise sur Mirna Sanchez.

 

 23 heures 10 secondes.

Domingo Rinaldi termine sa journée. Il est lasse de sa journée de travail. Il erre un peu dans la ville avant d’entrer dans son appartement. Il n’a pas l’intention d’entrer. Personne ne l’attend, se dit-il d’un air sombre. Il aurait dû se rendre à son cours de danse. Il n’aurait pas dû écouter son patron. Il en a assez de ces réunions inutiles. Les dossiers ne l’intéressent plus. Les commandes ne l’intéressent plus. Plus rien, ne l’intéresse quand il n’a pas son cours de danse.

Domingo Rinaldi entend un bruit. Un bruit furtif. Il lève la tête. Personne dans la rue. Personne sur le trottoir. Il s’arrête de marcher. Ecoute encore. Il rit presque de nervosité. Pourquoi a-t-il eu peur d’un bruit ? Un bruit qui s’est éteint dans la nuit. Domingo reprend sa marche et se dirige vers l’immeuble. L’immeuble du 3 rue des Oiseaux.

 

A SUIVRE...... 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Par clem22 - Communauté : *la*muse*bleue*
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