Rébecca Thorine, sur le palier de son appartement , hésite. A-t-elle bien donné les bons médicaments à son mari qui s’est réveillé quand elle écrivait ? Il s’est rendormi, dès qu’il a pris ses médicaments. Son mari souffre de douleurs. Douleurs de la nuit, de la vie, de l’Afrique. Il a l’Afrique dans sa tête et vit dans une cité en région parisienne. Pas facile, pas facile, pense Rébecca Thorine
Elle abandonne son panier et son sac de travail sur le palier. Elle ouvre l’appartement. D’un petit pas rapide, elle se dirige vers sa chambre. Enlève, à l’entrée, ses mocassins beiges. Délicatement, elle pousse la porte. Ses yeux s’habituent, instantanément, à la pénombre. Elle marche sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller son homme malade. Elle allume la lampe de chevet sur la table de nuit. Vérifie les médicaments, à côté du verre et de la bouteille d’eau. Pourquoi a-t-elle eu peur ? Pourquoi ce doute ? Pourquoi ? Pourquoi ? Elle repart avec de nombreuses questions dans sa tête. Il est temps de ne plus douter, se dit-elle quand elle ressort de l’appartement et qu’elle referme la porte à double tour. Rébecca Thorine reprend son cartable et son panier en osier recouvert d’un linge blanc. Elle glisse les clés de l’appartement dans son sac à main beige à grande bandoulière. Elle appelle l’ascenseur. Elle n’a pas accompli tout ce qu’elle avait prévu.. Prévoir n’est pas faire, se dit-elle.. Il faudra qu’elle écrive cette phrase sur son grand cahier de notes. « Prévoir n’est pas faire ». Elle philosophera sur cette phrase, dès qu’elle sera à la retraite. Dans quelques heures…
Le train n’est pas en retard. Il roule vers le cœur de Paris. Rébecca est satisfaite. Son sac et son panier sur la banquette, en face d’elle, ne risquent rien. Elle est seule dans le compartiment. Personne ne l’ennuie. Elle retire de son sac à mains, son carnet de notes et son livre de philosophie. Elle écrit et lit, jusqu’au terminus.
Dans la grande gare du Châtelet, elle cherche l’horloge du regard. L’horloge s’est arrêtée. Qu’elle heure est-il ? Le soleil brille-t-il, à présent ? Elle n’a pas le temps de chercher ses lunettes dans son sac pour regarder sa montre à son poignet. Ne l’aurait-elle pas oubliée ?
Elle ne se retarde pas. Elle marche de son petit pas rapide dans les couloirs du métro. Elle est très étonnée que personne ne la bouscule. Très surprise que la foule soit moins compacte que les autres matins. Quelle heure est-il ?
Pas d’affolement ! Elle ne passera pas à l’Université comme elle en a l’habitude. Elle ira directement à la réunion.
Rébecca Thorine atteint, sans encombres, le quai du RER B. Surprise ! Un attroupement fourmille sur le quai. Le réseau est-il perturbé par un mouvement de grève ? Est-il perturbé par un incident technique ou un accident ? Pas d’annonce dans les micros. Rien. Un silence de plomb règne sur la foule qui s’agglutine le long du quai. Rébecca Thorine se recule et contourne les allées
A suivre....
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