








A suivre...

Le 15 décembre 09
La boulangère
Le travail. Le travail. Encore le travail. Je n’ai plus envie de travailler depuis tellement longtemps que j’ai oublié le jour où j’ai ressenti cette lassitude au fond de mon être. La lassitude,
dès le matin, quand j’ouvre la boulangerie est parfois éprouvante.
Les premiers clients arrivent sans même me saluer. Pas de bonjour. Pas d’au revoir. Pas de sourire. Des mines tristes de ne plus sourire. Des mines tristes d’être toujours pressés ou
oppressés. Eux aussi ont oublié. Mais ils ont, simplement, oublié la politesse. Un peu de courtoisie ne peut pas blesser.
Je pense à tout cela quand Pierre le lapin géant ouvre la porte de la boulangerie. Pierre le lapin géant me dit qu’il ne s’en ira plus. Il ne quittera plus notre ville. Il continuera à ouvrir les
portes des résidences aux enfants qui ont perdu leur clé ou les codes des grilles. Il préfère être un ange qu’un humain. Il m’avoue qu’il n’est jamais parti. Il avait bien pris le train, mais il
est resté enfermé dans le kiosque à journaux de la gare Saint-Lazare. Il a lu tous les livres. Il a lu toutes les revues. Pendant des jours et des nuits, il a lu. Il a beaucoup appris sur la vie
des humains. Il préfère la vie des anges sur terre , la vie simple comme ouvrir les portes aux enfants perdus. Il a encore beaucoup de travail, me dit-il, sur un ton convaincant.
Je suis heureuse de retrouver Pierre le lapin géant. Un ange sur terre qui est venu sauver des enfants, tous les enfants qui ont perdu des clés ou des codes. Je me dis qu’il est tellement grand
que pour lui chaque personne doit être un enfant. Nous sommes ses enfants à qui il ouvre des portes.
Pierre le lapin géant sort heureux de la boulangerie. Je sais qu’il sera toujours là. Il ne quittera pas Martin l’oiseau jaune et bleu qui n’aura pas pu retenir Linou le petit écureuil roux.
Linou le petit écureuil qui voulait partir est enfin parti. Nous ne sommes pas tristes. Il est heureux. Il avait accompli sa mission et il s’en est allé avec l’ange bleu, ce matin là, à la gare
Saint-Lazare. Là où je ne reviendrai plus jamais.
FIN

Je remercie tous les lecteurs et lectrices d'avoir suivi cette histoire et pour l'avoir commentée avec beaucoup de considération.
A bientôt pour d'autres histoires dans un autre domaine.
Clémentine S.



