Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 22:25




Linou le petit écureuil roux.
Je suis revenu dans la ville. J’ai repris ma place à la cime du platane dans ma rose de lumière. Je me repose du voyage à travers les ténèbres. J’aimerais me reposer longtemps, longtemps. Ce voyage fut très éprouvant. J’en suis encore transi de peur et de froid. Il faisait froid dans ce monde là. Le froid s’imprégnait dans mon corps, dans tout mon corps. Je ne ressentais que le froid. Dans ma rose de lumière, je ressens la chaleur et pourtant, je ne me sens plus à ma place.  Peut-être que ma place est nulle part. Tandis que je me tiens ce discours,  mon Iphone G3 sonne. Dois-je répondre ?  Je ne suis pas si mal dans ma rose,  à la cime du platane. Toute cette lumière du matin qui irradie le ciel et les arbres me réchauffe et m’endort. J’aimerais dormir encore un instant. L’Iphone  G3 sonne toujours. Le bruit me déchire les tympans. J’appuie sur l’icône rouge.  J’entends la voix de Pierre le lapin géant. Il est ravi, heureux, heureux,   me dit-il.

-         Que se passe-t-il  ?

Il m’apprend que des inconnus parlent de lui sur Internet et il me conseille de lire les articles sur des blogs. Je cherche vite, vite.. Je vois les articles. Je lis..

J’éclate de rire.  Je m'imagine..

Pierre le lapin géant, très sûr de lui, m’annonce  qu’il  aimerait sortir de la ville, se rendre dans la région d’Eva Baila, connaître les boîtes de nuit, les cyber-café, visiter  les châteaux, les rues, les villes de cette  région.. ll aimerait écrire un blog comme celui d’Eva Baila, de Crépusculine, de Valentine ou de Sandy et de bien d’autres internautes dont il a lu les articles à toute allure, à  l’allure du vent qui souffle comme un fou, ce matin.  Pierre le lapin  m'assure qu'il  ne veut plus être un ange. C’est terminé. Il veut faire comme tous les humains, vivre, à cent à l’heure, chercher un travail ou effectuer des études dans une faculté. Oui c’est cela, il travaillera et effectuera des études dans une grande école ou dans une université.  Il s'est renseigné, bien renseigné, il sollicitera une bourse sur critères sociaux auprès des services des bourses du CROUS de Bordeaux. Il ne quittera plus le Sud-ouest. Il est tombé amoureux  fou de cette région, rien qu’en lisant le blog d’Eva Baila, dit Pierre le lapin géant sur un ton très humain.  Il voudrait s’en aller, au plus vite et souhaiterait que je l’accompagne pour l’aider à entreprendre cette nouvelle vie.

J’accepte volontiers d’aider mon ami, Pierre le lapin géant. Pourtant je me demande s’il n’est pas tombé sur la tête. Son projet est-il réalisable ? Est-il aussi facile de changer de condition ? Pourra-t-il renoncer aussi facilement à son monde d’anges pour devenir un vrai humain ? Ces questions me traversent l’esprit sans que je ne les pose à Pierre le lapin géant. Mais je lui propose de le rencontrer  dans la vallée verte de l’ange bleu, là où il vit actuellement.

 

A suivre…





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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 21:30

Image jointe n°1



Linou le petit écureuil roux enquête dans le  monde des ténèbres (2)

Le choc a été brutal. Très brutal. Dois-je remercier Martin, l’oiseau jaune et bleu de m’avoir secouru ? Il m’a secouru avec perspicacité. Il a tendu l’échelle de nuages blancs et bleus. Je ne suis pas venu sur son nuage. Il était trop tard. Je partais dans un autre monde. Je ne pouvais plus revenir. Peut-être, qu’inconsciemment, ne voulais-je pas revenir ?  Mais Martin veillait. Martin avait une solution. Il a une solution à tout problème qu’il juge grave. Pour qui le problème était-il grave ? Pas pour moi. Je n’y pensais pas. Qu’importe !  Il a téléphoné à l’ange bleu. L’ange bleu est descendu du ciel. Il se doutait qu’il s’agissait d’une urgence. Martin ne fait appel à lui qu’en cas de grave danger. L’ange bleu est descendu. Il m’a vu au fond du nuage de pluie dans le monde des ténèbres. Il n’a pas hésité une seconde. Il a fait briller le soleil sur mon nuage. La lumière est apparue. Une douce lumière dorée. Et de son souffle, il m’a ranimé.  Il m’a conduit sur le nuage de Martin l’oiseau jaune et bleu. Ce nuage est hermétique aux ondes néfastes du monde des ténèbres. J’étais sauvé. Faut-il que je remercie l’ange bleu ?  Je ne me pose pas de questions. Je ne m’en pose plus. Je suis revenu dans le monde des ténèbres,  protégé par le nuage de Martin. J’ai rencontré tous les voyous. Des voyous très menaçants, car  armés jusqu’aux dents. Leurs armes ?  La haine gratuite et cachéen parfois , par des discours séduisants..  Et toujours, les voyous  se contaminent les uns les autres par des paroles très nocives. Ils peuvent en arriver aux armes réelles comme ils l'ont fait envers Victor le vieil oiseau.  

M’ont-ils reconnu ?  Ils doivent bien savoir que je suis sur leur piste et que je ne suis pas seul à les chercher.   Ils se sont cachés dans des maisons hideuses. Je m’en moquais. Les portes étaient pourries. Il n’était pas difficile d’entrer dans leur taudis. Il s’agissait de taudis, de ruines sur un sol glissant. Je ne glissais pas. Je cherchais les kidnappeurs de Pierre le lapin géant et les assassins de Victor le vieil oiseau. Etait-ce les mêmes voyous qui avaient voulu tuer les oiseaux et les  fleurs des parcs de la ville ?

 Il n’était pas difficile de les reconnaître. Vautrés sur  des fauteuils de mauvaise qualité, ils discutaient dans l’ombre. A croire qu’ils ne peuvent vivre que dans l’ombre.  De quoi parlaient-ils ? Ils projetaient de tuer Pierre le lapin géant, de tuer les coccinelles, de tuer les fleurs.. Une obsession.. Je n’ai pas eu peur d’eux. Je n’avais plus aucune crainte.

A mon tour, j’ai appelé l’ange bleu. Il n’a pas répondu.

M’avait-il communiqué une solution sans que je ne le réalise sur le moment ?  Je cherchais dans ma tête. Je devais trouver une solution.

C’était facile.. Il suffisait de bloquer la frontière entre le monde  des ténèbres et le nôtre. Oui, la solution était facile et le travail colossal.  Martin m’a aidé à bloquer la frontière.. Une immense frontière. Il nous a  fallu deux jours et deux nuits. Du moins, je pense qu’il nous a  fallu deux jours et deux nuits, car dans le monde des ténèbres, le temps est figé.

 Nous sommes allés jusqu’au bout de l’horizon. Nous avons cherché de gros nuages lumineux. Nous les avons déposés  sur la frontière entre les deux mondes.   Les nuages  rouges orangés feront fuir les voyous qui craignent la lumière et encore plus la lumière rouge orangée qui émane du soleil couchant.

Notre ouvrage terminé, nous avons téléphoné à Pierre le lapin géant qui devait, à notre avis, être à l’abri des voyous  dans la vallée verte de l’ange bleu.

 Mais non, mais non. Eva Baila, a informé son amie Clémentine que Pierre le lapin géant avait déserté la vallée de l’ange bleu. Nous avons, alors,  supposé qu’il était sauvé ,  à  tout jamais.  Nous avions réussi notre mission.  Mais lisez bien le message d’Eva Baila daté du 7 octobre 2009. .. S’agit-il, de notre ange, Pierre le lapin géant ?

 http://www.eva.baila.over-blog.com


Mercredi 7 octobre 2009

« Ma très chère Clem,

         Je t’écris ce petit mot pour te signaler que j’ai retrouvé ton lapin géant : il se la coule douce à l’abri des tracasseries de tout genre… Il s’est fait adopter et mène une vie bien tranquille, il fait la sieste l’après-midi, se rend dans un cyber pour lire ton blog et les aventures de ses amis, ensuite il joue au baby foot jusqu’à pas d’heure… et parfois même, le soir il se dévergonde dans les boîtes de nuit…

Tu vois, je crois bien qu’il est en vacances pour de bon !

Ne t’inquiète plus pour lui, et ne sois pas triste, il reviendra probablement… (ou bien alors je me suis trompée de lapin…)

          Bisous ma Clem

                                            Eva »

link (blog d'Eva directement sur son article et sa belle photo du supposé Pierre le Lapin géant)..
et voici son blog
http://www.eva.baila.over-blog.com



 

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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 16:56

Lundi 5 octobre 20 



Linou le petit écureuil roux.

Nous avions, l’agence de la protection de la nature et des animaux, une piste sérieuse pour retrouver les kidnappeurs de Pierre le lapin géant et certainement, des assassins de Victor le vieil oiseau. Pierre le lapin géant, nous avait bien renseigné. Nous suivions ses instructions à la lettre et il fut décidé que j'aille enquêter sur place. 

 

Il pleuvait beaucoup sur la ville. Il avait plu toute la nuit et il pleuvait encore quand je suis parti aux aurores sur un nuage de pluie. Le nuage s’est envolé très haut dans le ciel. Les étoiles brillaient encore au dessus de tous les nuages gris qui formaient une barrière entre le ciel et la terre. Plus qu’une barrière, une frontière. La lune réfléchissait ses derniers rayons sur l’horizon gris.  Le nuage gris me conduisait avec prudence,  guidé par le vent de la tempête,  vers le monde des ténèbres. Là où devait se cacher les présumés coupables ou coupables du kidnapping de Pierre le lapin géant. Des coupables bien cruels de s’acharner sur un être tellement innocent. Un ange.

Le nuage gris affronta le monde des ténèbres. Ce fut le choc entre les deux mondes. Tout était d’une infinie tristesse.  Rien ne luisait. Pas de soleil. Qu’un ciel sombre, d’une tristesse maladive. Pas d’arbre. Pas d’oiseau. Rien que des immeubles et des maisons isolées, sans fondements, comme plantés là, par hasard. Des maisons et des immeubles sortis de terre, sans aucune fenêtre, sans aération. Un monde terriblement sombre, angoissant..  Le choc entre les deux mondes fut inévitable. Le nuage n’avançait plus. L’air avait disparu. J’étouffais littéralement. Je ne voyais plus rien. Je disparus au fond du  nuage devenu encore plus sombre que le matin. Un sombre que je n’avais jamais aperçu auparavant. J’étais réellement arrivé dans le monde des ténèbres, frôlant l’enfer. Un lieu d’où personne ne revient. Je me disais que le nuage de pluie ne m’avait pas emmené au bon endroit. Les malfaiteurs ne pouvaient pas, être, déjà, en  enfer. C’était donc un piège que nous avait tendu Pierre le lapin géant. Etait-il vraiment un ange ou un démon venu sur terre qui m’envoyait, aujourd’hui, en enfer. Pourquoi ?

Dans l’obscurité la plus complète et dans un étouffement à mourir debout, j’ai entendu le chant de Martin l’oiseau jaune et bleu. Il avait eu très peur quand il m’avait vu embarquer sur le nuage de pluie.  Il avait pensé que je voulais encore m'enfuir dans mon monde. Il a bien vu, Martin l’oiseau jaune et bleu que je n’avais pas atterri dans mon monde. Le monde des petits écureuils roux de douceur et de  paix.. Il s’agissait bien du monde des ténèbres qui s’apparente à l’enfer et qui n’est pas l’enfer. Martin l’oiseau jaune et bleu  qui était sur un nuage blanc et bleu me dit de venir avec lui. Je retrouverais de l’oxygène sur son nuage qui est hermétique au monde des ténèbres. Il me tendit une échelle de nuages blancs et bleus. Il était trop tard. Je n’avais plus aucune force. L’étouffement me paralysait les membres. Je ne voyais déjà plus rien. Plus rien du tout.

 

 

A suivre..


( photo - le petit écureuil de Pau -blog de Gerfaud)

 

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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 21:00

 




la boulangère (2)

Pierre le lapin géant.

L’histoire de Pierre le lapin géant est d’autant incroyable  que nous pourrions croire, qu’un ange bleu, un lapin géant, un petit écureuil roux,  ne rencontrent  jamais de soucis. Un ange vit dans un monde parallèle, entre ciel et terre et jamais il ne rencontre de soucis, encore moins des soucis terriens Oui, c'est bien ce que je pensais parfois, souvent.... Et en écoutant Pierre le lapin géant, j’ai compris le contraire. Le monde de l’au-delà, n’a pas de barrière, pas de frontière. Il est  comme notre monde, mais il  n’est  relié à rien. Monde flottant dans notre propre monde. Des êtres innocents y vivent pour y faire régner la paix, l’amour et  n’ont pas toujours les moyens de se défendre face à la haine qu’ils ne connaissent pas. Pierre le lapin géant avait bien été kidnappé devant ma boulangerie et n’avait pas pu échapper à ses agresseurs. Il n’avait pas cherché à se défendre. Comment aurait-il pu se défendre contre des gens aussi cruels et déterminés à tuer ceux qui ne leur ressemblent pas ?  Le lapin géant qui n’a pas la haine dans son cœur, avait été subjugué  par celle  de ses ennemis. Ils l’ont ligoté dans le camion. Ils ont menacé de le tuer et de le manger sur place comme un vulgaire lapin de garenne.  Ses agresseurs ? Des traîtres, aux visages masqués. Des gens qui ne supportent pas que des anges vivent sur la terre et  ouvrent les portes aux enfants pour se réfugier dans les maisons chaudes en hiver et fraîches en été. Les ennemis de Pierre le lapin géant étaient, notamment, les ennemis de ces enfants un peu perdus dans la ville. Des enfants qui ne parlent pas de leur peine, de leurs chagrins. Des enfants qui vivent un rêve et qui oublient leur clés ou les codes des résidences.

 Pierre le lapin géant a fait le mort. Ses ennemis l’ont cru mort quand ils ont ouvert la porte du camion dans un endroit sombre, sordide, sans arbres, sans fleurs. Un endroit  tellement sombre, tellement triste, que Pierre le lapin géant se croyait en enfer. Il était aux enfers alors qu’il est un ange.

Pierre le lapin géant a eu une lueur d’esprit quand il s’est aperçu que ses kidnappeurs le croyaient mort et qu’ils étaient allés chercher un trépied, du bois et une rôtissoire pour le faire griller sur place. Pierre le lapin géant qui sait ouvrir les portes rien qu’en écoutant leur bruit, leur murmure, leur grincement, a écouté les bruits de ses chaînes qui meurtrissaient son corps. Et rien qu’en écoutant la douleur, les chaînes se sont rompues. Pierre le lapin géant s’est sauvé à toute allure et un nuage bordé par des oiseaux s’est posé tout près de lui. Il a gravi les escaliers de nuages en se disant qu’il était peut-être sauvé. . Pierre était inquiet. Le ciel, les nuages, les oiseaux étaient sombres,  très sombres. Plus sombres que la nuit. 

 Il flottait dans les airs comme s’il marchait sur une corde raide entre le ciel et la terre. Il avait le vertige. Un vertige étrange qu’il n’avait jamais ressenti auparavant. Il se dit qu’il n’avait pas encore quitté l’enfer, le monde des ténèbres. Les nuages, les oiseaux ne devaient être qu’un mirage. 

  A un moment, le nuage a frôlé les fenêtres d’un immeuble très spacieux, mais sombre. Il n’a pas hésité une minute. Il a sauté sur la fenêtre, a atteint la cime d’un arbre. Il n’avait plus le vertige. Le monde lui paraissait moins sombre. Il a aperçu Linou le petit écureuil roux, son ami qui déprimait de ne plus le voir. Linou était fort content d’aider  Pierre le lapin géant. Linou lui a appris qu’il était encore en danger, n’ayant pas trouvé qui était à l’origine de son kidnapping. C’est alors que Linou le petit écureuil roux a eu l’idée de l’accompagner dans le parc appelé la vallée verte de l’ange bleu. Il y serait en sécurité.

Depuis, nous veillons tous sur Pierre le lapin géant et  sommes persuadés que plus jamais il ne sera kidnappé. Linou et l’agence de la protection de la nature et des animaux sont sur la piste des kidnappeurs. Une piste très sérieuse..

Je me répète cette histoire souvent, très souvent, pour ne rien oublier. Je ne peux pas oublier un seul mot, une seule parole, de Pierre le lapin géant. Je ne peux pas oublier son regard, un regard étoilé, un regard qui émeut de par sa tendresse. Une grande et infinie tendresse qu'il  communique aux enfants qui ont été heureux de le retrouver dans le parc. J'en suis certaine, convaincue..

Je vous souhaite le bonsoir,  maintenant, car je suis très fatiguée, très fatiguée et demain, je dois ouvrir la boulangerie..



  



 

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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /2009 21:28
Monologue de la boulangère. La disparition du lapin géant..





;Je me suis levée aux aurores. Je crois que je le cherchais. Je le cherchais dans la ville tout en refusant de croire, que je le cherchais. Je me disais que si je le rencontrais, je ne lui sourirais pas. Je ne lui dirais pas bonjour. Rien du tout. Je me disais cela en longeant les trottoirs qui étaient vides de sens à cette heure du matin. Pas une voiture. Pas un bruit. Une ville inanimée ? .. Non. Il suffisait de regarder le ciel. Le ciel et ses nuages. La nuit s’enfuyait. Le jour  se levait lentement. Les oiseaux s’éveillaient. Je me disais que c’était beau. Tout est beau le matin, quand la brise souffle dans les arbres. Les arbres encore verts.  J’aime les arbres. Les arbres qui souffrent. J’aimerais les guérir des affres de la pollution. Un réflexe, une pulsion, faute de  guérir les humains ? Guérir les arbres ? Une utopie, penseraient les uns. Un rêve, diraient les autres. Qu’importe ! Je marchais dans la ville. Je cherchais le lapin géant. Il fallait que je le voie, que j’entende son pas léger, que je sache qu’il ouvrirait les portes aux enfants égarés. Toutes les portes. Les portes de l’imaginaire, des résidences, les portes des maisons. Il en avait le pouvoir. Il m’ouvrirait la porte du rêve. Le rêve qui me faisait danser sur les trottoirs, le matin, avant d’ouvrir la boulangerie. Je ne dansais pas. Je marchais. Le vent, les oiseaux me conduisaient vers le parc. Autrefois, l’ange bleu. Aujourd’hui, le lapin géant. Est-ce le même personnage ? Valentine mon amie m’a posé cette question. « Valentine toujours dans « l’esprit du temps » qui sait lire entre les lignes. Ah ! Valentine, une poétesse née. Je te parle là et tu es loin. Loin du tourment de la ville. La ville est-elle tourmentée ? Pourquoi personnifier une ville ? Je devrais dire que je suis tourmentée en cherchant le lapin géant ou l’ange bleu. L’ange bleu, c’est pour la poésie. Le lapin géant, c’est pour les enfants… N’est-ce pas Valentine ? Ne sommes-nous pas que des enfants au fond de nous-mêmes ?  » Et je me parlais, je me parlais ainsi, jusqu’à mon arrivée dans le parc. Un parc merveilleusement beau. Les nuages jaunes et rouges. Les arbres plus verts que vert. Les écureuils dans les arbres. Je me suis installée sur un banc couvert d’une mousse verte. Je ne me parlais plus. J’écoutais. J’écoutais le chant des oiseaux, des nuages, du souffle du vent. Rien que des murmures doux, doux. Je ne me disais plus rien. Plus rien.. J’écoutais les soupirs du parc. Les feuilles des arbres bruissaient. J’écoutais. Un oiseau s’envolait. J'écoutais. Un autre oiseau sautillait vers le banc. J'écoutais son sautillement. Je ne me disais plus rien. Je sentais une présence.. Je savais qu’il était là. Je ne me disais rien. Je savais. C’est tout. C’est alors, que je l’ai vu. Il cachait ses oreilles, mais je l’ai reconnu avec son regard doux comme le souffle du vent, comme le bruit de l’eau pure d’une source qui coule dans les bois. Il est venu vers moi. Je ne savais plus quoi lui dire. Et tous les mots sont arrivés dans ma tête. Tous les mots retenus, seulement pour lui. Je lui ai demandé où il était ? Qui l’avait kidnappé ? Que j’aurais pris les trains du monde entier pour le retrouver. Non, je ne lui ai pas dit cela.. Pas encore...Il ne fallait pas qu’il connaisse mon tourment.. De la pudeur. Toujours.. Il s’est assis.. Il était beau, vraiment très beau.. Il était serein, mais grave.. Il m’a raconté une histoire incroyable..

A suivre.














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