Samedi 17 janvier 2009 6 17 /01 /2009 16:49

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la convocation LA CONVOCATION
Récit
Clémentine Severin
LITTÉRATURE ROMANS, NOUVELLES TÉMOIGNAGES EUROPE France


ISBN : 978-2-296-07350-0 • janvier 2009 • 246 pages

Prix éditeur : 22,5 € / 148 FF






 

 

 

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Clémentine Séverin

 

La convocation

Récit

 

 

 

 


Vanessa Germain, assistante sociale, ne veut pas reconnaître

qu'elle se sent angoissée et même menacée depuis des mois. Elle

n'ose pas se poser de questions sur ce sentiment insécurisant. Dès

la rentrée de septembre 2003, elle ne peut plus nier l'évidence, elle

est face à un danger. Elle reçoit une lettre de l'Inspecteur

d'académie le vendredi 19 septembre. Elle appelle donc

l'Inspection académique : l'affaire commence.

 

L'auteur, Clémentine Séverin, assistante sociale a déjà écrit

un roman épistolaire Sans visage et sans nom, publié en novembre

2007 aux éditions Atelier de presse, où elle retrace les

psychothérapies analytiques qu'elle entreprit par le passé. Ce

nouveau récit, La Convocation, est fondé sur des faits réels, qui

ne semblent être que la conséquence logique et dramatique de ce

que l'auteur relate dans son premier ouvrage.


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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /2009 00:48






texte enlevé.

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Jeudi 1 janvier 2009 4 01 /01 /2009 00:05


Siskin.jpg





Installée près de la vitre dans son salon, elle écoute les bruits dehors. Un arbre. Un oiseau. Quelle  heure est-il ? L’heure ? Pas d’heure pour les oiseaux. Les oiseaux chantent à toute heure. Les oiseaux ne dorment pas. Les oiseaux du rêve. Un rêve ? Quel rêve ? Pas de rêve !

Elle entend la fête. Les voisins ? Les voisins font la fête. Ils rient. Chantent. Reprennent les refrains des anciennes chansons. Chansons ? C’est la fête. Dans une demi-heure, la ville s’éveillera. Elle était éveillée. Attendait l’heure. Quelle heure ? Minuit. A minuit. Dans une demi-heure.

 Elle sera installée près de la vitre dans son salon. Elle n’écoutera plus les bruits dehors. Elle n’entendra qu’une pluie de joie résonner dans la ville. Elle ne verra de la fenêtre qu’un feu d’artifice qui effacera l’année qui vient de se terminer. Effacer ? Non. N’effacera jamais le regard, les regards. N’effacera jamais cette journée. Le soleil. Le ciel bleu. La lumière. Le soleil qui attendait quelqu’un, qui disait, que c’était leur destin. Et leur destin s’est terminé,  aujourd’hui. Le soleil le disait. Le chantait dans la froidure du temps. La lumière du soir jaillissait plus éclatante. La fête n’effacera pas l’image du soleil, de la lumière qui attendait derrière les branches des arbres pour dire que c’était leur destin. Que le destin les avait emportés vers une vie nouvelle. Le diront-ils, tous ? Et cette blessure ? La blessure de qui ? Des autres ? Des leurs ?  Ils marcheront ? Se plaindront-ils ? Non. Ils seront unis. Unis par la blessure.

Ne plus penser. Elle a mal à la tête d’avoir trop pensé. D’avoir trop observé cette lumière. La lumière ? Elle est dans sa tête. Dans sa tête ?

Installée près de la fenêtre, elle vous écrira qu’elle vous souhaite une bonne année 2009. Elle vous le chantera de loin. De loin ? Elle vous l’écrira. Elle aimerait vous dessiner de belles lettres. De belles lettres ? Tout simplement.

 

BONNE ANNEE 2009.

 

 

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Samedi 27 décembre 2008 6 27 /12 /2008 21:41





Je suis centenaire.. Oui, oui, vous avez bien entendu. J’ai fêté mes cent ans en avril dernier.  Une grand fête dans la maison de retraite. Je m’en souviens bien. Je n’oublie pas. J’oublie un peu. Cela n’a pas d’importance. J’ai encore toute ma tête et quand mon fils vient me voir, je lui rappelle que je n’oublie pas  et que je n’accepte pas cette maison de retraite. Il ne répond rien. Ce n’est pas lui qui est responsable de cette situation,  même s’il ne répond rien, mon fils. Je sais bien qui a pris la décision ! Je n’ai pas eu mon mot à dire, rien du tout. Les médecins s’y sont mis.. Je me suis retrouvée ici après huit jours d’hôpital. Huit jours de cauchemars pour une broutille.  Je parle un peu seule depuis que je suis dans cette maison. Je m’imagine aller à Paris. En cette période des fêtes, Paris était une fête et doit y être encore. Je m’imagine devant les devantures et je me dis que c’était beau et c’est encore beau, ces illuminations à  Paris. J’aimais y aller tous les ans, jusqu’au moment où ce fut impossible. Combien de temps ?  J’oublie les dates. Le temps me paraît long. Très long. Encore plus depuis que je suis dans cette maison. J’y ai une immense chambre. La télévision est au fond de la pièce, près de la fenêtre. Je n’allume plus la télévision depuis que je suis là. Je n’ai plus le cœur à suivre les feuilletons. Je les ai  oubliés. J’ai oublié ce que j’ai voulu oublier. Ne croyez pas que j’ai perdu la tête. J’ai toute ma tête. Sauf ce soir,  peut-être. Je suis seule dans cette chambre. J’irai me coucher dans un instant. Mes pauvres yeux n’y voient plus rien. Ils ne voient que mes souvenirs qui défilent dans ma tête et qui me tiennent compagnie.  L’autre jour, je crois que c’était le jour de noël, je suis allée chez ma fille, car vous voyez, j’ai deux filles et deux fils, une grande famille. Et chez ma fille, j’ai rencontré beaucoup de monde et  un ami de  ma fille ou de  mon gendre  m’a prise dans ses bras et il m’a dit qu’il m’aimait d’amour et qu’on irait, encore ,sous le grand chêne, danser le tango et la valse.

Il sait bien de quoi il parle parce que, même, si je n’ai jamais dansé avec cette personne, j’ai bien connu le grand chêne et je me suis souvenue de mes sorties à cette époque-là.. C’était bien de se souvenir. Tous ces souvenirs qui défilaient dans ma tête. J’ai bien mangé chez ma fille. J’ai même bu un bon porto. Elle sait bien ma fille que j’aime le porto.. Un tout petit porto en période de fête, ne peut pas faire du mal. C’était bien bon. Et j’ai écouté aussi.. Je suis consciente que mes oreilles entendent bien. Je ne suis pas sourde, mais j’ai cent ans. Plus de cent ans et je me demande comment le temps a-t-il  pu défiler aussi rapidement.  C’est ce que je me disais quand mon fils me ramenait à la maison de retraite. Je me demande s’il a entendu que je parlais seule. Cela me prend  de temps en temps. C’est comme une voix qui surgit du fond de moi-même. Une voix que je n’entendais pas avant d’être dans cette maison de retraite. Je me suis dit, quand je l’ai entendu pour la première fois,  qu’il fallait que je la laisse me parler. J’allais m’habituer à cette voix du dedans et j’allais m’habituer à cette chambre. Je me suis habituée à la petite voix au fond de moi, mais je ne me suis pas habituée à cette immense chambre. Mon fils, lui, il regardait la route, et  il n’a pas répondu quand j’ai laissé la petite voix parler.  Il est discret mon fils et il a de l’humour. Il aime bien me faire rire, mais quand je suis arrivée à la maison de retraite, je ne riais plus du tout. Je n’ai pas pleuré. J’avais trop de peine pour pleurer sur moi-même. Je n’avais plus le courage. J’aurais pu me dire que j’irais bien voir le locataire,  en face de ma chambre. Celui qui aimait bien venir me parler et moi aussi j’aimais bien aller lui rendre visite. Entre vieux, nous nous comprenions. Et le locataire, un matin a rendu l’âme, sans prévenir. Et depuis, un autre locataire a pris sa place. . Ce dernier ne parle pas beaucoup. Je ne le connais pas pour pouvoir aller  lui tenir le crachoir comme on dit..Je me suis sentie toute seule et un peu perdue quand mon fils est parti. Je n’ai rien dit, mais je sais bien que je me suis sentie perdue. J’aurais bien aimé rejoindre mon ancienne maison. La maison a été vendue. Je n’ai plus rien, car ici, dans cette maison de retraite, rien ne nous appartient. Les meubles ? Oui , ce sont nos meubles. Je n’aime pas cette maison. Je ne m’y suis pas habituée. Jamais je ne m’y habituerai. Je ne fais rien pour m’habituer. Cela ne m’intéresse pas. Je ne suis pas chez moi. Je ne suis plus chez moi,  dans ce monde. J’aimerais que le bon Dieu ait pitié de moi et qu’il vienne me chercher. Il attend quelque chose, comme j’attends quelque chose. J’attends et je me sens perdue, ce soir. Peut-être, penserez-vous que je perds la tête à me sentir si perdue dans cette maison de retraite ? Je n’ai pas perdu la tête. Puis, même , si je l’ai perdue, cela m’est égal. Je vais aller me coucher. Je suis triste. Tellement triste de ne plus me sentir chez moi. Peut-être, que demain, je verrai  ma fille  ou mon fils.. Il faudrait que je me souvienne de leurs paroles. Partent-ils en vacances ?  Je me souviendrai en dormant. Je ne dors pas. Je m’imagine. C’est tout. Je m'imagine  que je vais à Paris. J’aimais tellement Paris, avec ses grands magasins, avec ses grands boulevards. Je vais aller me coucher pour rêver de Paris. Je suis tellement triste, ce soir. Je ne pleure pas. Je n’ai plus le courage de pleurer. Je me dis que si je ne pleure plus, le bon Dieu viendra me chercher et je le suivrai. Je le suivrai partout où il sera  ou il voudra me conduire. Mais il ne viendra pas. Il paraît que nous le  sentons arriver. C’est le locataire d’en face qui me l’avait dit. Je ne l’avais pas cru et quand il est parti, j'ai compris que j'étais  bien obligée de le croire. Alors je vais aller me coucher et j’attendrai que le bon Dieu vienne me chercher. J’ai cent ans. Il est temps qu’il vienne. Ne pensez-vous pas ?

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Mercredi 24 décembre 2008 3 24 /12 /2008 13:58


 



 


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