Mercredi 3 décembre 2008

arbres et branches sous la neige


Rendez-vous,

Temps de neige. Froid qui pénètre dans son corps. Elle rentrerait bien à la maison au lieu de prendre l’autobus. Elle traverse la rue. Enlève son écharpe rouge et noire  autour de son cou. Elle la met sur sa tête et entoure  son visage avec les pans du tissu en soie et en lainage.  Le froid ne lui jouera plus de sale tour, se dit-elle. Certains  jeunes du collège  lui ont appris à se protéger du froid. Elle se demandait toujours pourquoi ils mettaient leur écharpe sur la bouche et masquait leur visage. Ils lui ont dit qu’ainsi, ils n’avaient jamais  froid. La chaleur de leur respiration s’accumulait dans le tissu et parcourait l’ensemble de l’écharpe. Le froid ne traversait pas l’écharpe qui était toujours chaude. Ainsi évitaient-ils bien des maladies contagieuses durant l’hiver et causées par le froid.  Elle a retenu la leçon se dit-elle. Elle apprend beaucoup de choses simples de la vie,  au contact des jeunes qui lui donnent des conseils, sans les lui donner directement. Il suffit d’une explication de leur part. Elle obtient des « recettes » et  la raison de leurs agissements. Agissements qui ne sont  pas toujours compris et  qu’elle peut  comprendre puisque les jeunes savent bien les expliquer. Des explications qui reposent sur des  raisons très simples et très complexes. . La preuve. Mettre son écharpe sur sa bouche, son nez et sa bouche, jusqu’aux yeux pour se protéger du froid. Elle attend l’autobus et le froid traverse son jean noir en coton très épais.  Elle est en retard. Elle devrait, déjà, être à son rendez-vous.  Elle n’est pas à l’heure  Elle regarde sa montre. La montre qui indique midi et demi. Elle ne sait plus à qu’elle heure le rendez-vous était prévu. Elle ne s’en souvient plus. Elle n’a pas noté l’heure sur son agenda. Son agenda qu’elle a glissé en vitesse dans son sac qu’elle n’ouvre pas.. Elle aurait dû regarder le dernier email échangé avec la personne qu’elle va rencontrer pour la première fois. Bof !  Elle n’avait pas le temps, se dit-elle. Il aurait fallu qu’elle allume son ordinateur et qu’elle se connecte. Elle n’avait, vraiment,  pas le temps. Il lui fallait terminer son travail. Un travail fastidieux qu’elle a effectué en urgence comme toujours. Travailler dans l’urgence la stimule.. Elle aime se presser. Elle aime speeder. Elle aime ne pas avoir le temps et elle n’aime pas être en retard à un rendez-vous.  Le bus stoppe sous la pluie et dans le froid. Elle monte. Sa carte Navigo sonne.. Elle s’installe près de la vitre. Comme toujours. C’est presque sa place, se dit-elle. Elle se frotte les mains, tellement elle a froid. Bon sang de temps !  Un temps de neige. Elle n’aime pas la neige en région parisienne. Et s’il neigeait, elle comprendrait, ce froid. Elle ne comprend pas cette pluie, ce temps gris. Peut-être, ne devrait-elle pas aller à ce rendez-vous. Peut-être que la personne ne sera pas là. Elle aurait dû envoyer un email hier soir pour avoir la confirmation. du rendez-vous.  Mais elle a eu la confirmation. Elle n’allait pas relancer la personne. Elle ne se voyait pas lui écrire : « bonsoir, êtes-vous toujours d’accord pour qu’on se rencontre demain à l’abribus, station Eglise de C. ? ». Non. Impossible. Un rendez-vous, c’est un rendez-vous. Elle se demande comment la personne va la reconnaître ? Elle ne s’est pas décrite. La personne  ne l’a pas entendue au téléphone. La voix peut donner une image. Une image floue. Mais une image. Pas d’image. Et elle se dit, qu’elle par contre a une idée de la personne qu’elle a vue en photo sur Internet. Une photo récente. Elle reconnaîtra la personne. Le bus s’arrête. Il pleut. Il fait un froid de canard. Personne ne l’attend à l’abribus, station Eglise de C. que la pluie, que le vent, que le froid.

Elle regarde sa montre. Elle se dit que la personne a, peut-être, attendu ici, à cet endroit,  et qu’elle est partie manger avec ses amis au restaurant du coin. Non. Impossible. La personne l’aurait attendue. Elle ne doit qu’avoir dix minutes de retard. Elle attend sous l’abri bus. Il pleut, il vente. Elle a froid. Elle serait bien dans sa maison. Elle s’imagine bien au chaud devant son ordinateur en train d’écrire à ses amis (es) internautes qu’elle a délaissés pendant deux jours, deux nuits pour un travail qu’elle devait terminer en urgence.

(la suite plus tard.)  

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