
Bordeaux,
Le soleil brillait, encore, sur les vitres de la gare et des immeubles. Les rayons m’éblouissaient un peu. Nous sommes allés sur le parvis de la gare. J’ai bien reconnu cette ancienne ville avec son architecture bien particulière J’étais passée par là, il y a très longtemps. La mémoire se réveille et mon regard est moins flou ,dès que je m’évade de la région parisienne. A qui le dire ? Louise, pourtant, m’approuve. Elle m’approuve toujours. Elle est mon amie, Louise. Vous l’avez bien compris. Je ne m’attendais pas à avoir une aussi grande amie en quelques jours. Je ne m’attendais pas à venir dans cette ville qui est, toujours, belle. Je ne m’attendais pas à ce que mes yeux recouvrent presque leur jeunesse. Je ne m’attendais pas à apercevoir une silhouette qui faisait des signes en notre direction. Une silhouette que je reconnaissais et qui avançait à grands pas.
Je ne pouvais pas me tromper. J’ai appelé Louise qui était entrain de parlementer avec le chauffeur de taxi au sujet du fauteuil roulant qu’il fallait installer dans le coffre arrière de la voiture. J’ai dit à Louise que nous devrions attendre, j’avais aperçu quelqu’un qui allait nous aider et nous n’aurions pas besoin de taxi. Louise m’a regardée, bien étonnée que je puisse reconnaître quelqu’un sur le parvis de la gare qui était noyé de monde à cette heure de l’après-midi.
La silhouette s’est transformée, au fur et à mesure, qu’elle arrivait vers nous. J’ai entendu un « mamy, tout le monde te cherche.. Je me doutais que tu viendrais me voir. Il y a tellement longtemps que je nous ne nous sommes pas vus ». Et je sens un gros « poutou » sur mon front. Un « poutou » de mon petit fils, Alexandre. Alexandre vit, en effet, à Bordeaux. Il est très beau mon petit fils avec ses cheveux bruns ondulés, son visage fin et le regard très expressif. Il est toujours pareil. Un regard tellement malicieux. Louise n’en revenait pas qu’Alexandre soit là, à nous chercher et à nous attendre.
Je n’avais pas encore eu le temps de lui annoncer le nombre d’enfants et le nombre de petits enfants et d’arrière petits qui composait la famille et qui devait me chercher. Louise n’a pas eu le temps de parler.. Il est très adroit mon petit fils. Il m’a dit qu’il allait arranger l’affaire. Nous n’aurions pas à nous inquiéter. Il a pris son téléphone portable. Il a simplement dit, que Louise et Mamy étaient à la gare de Bordeaux et qu’ils s’occupaient de nous. Elles étaient en vacances et elles allaient très bien. Il a raccroché en riant aux éclats. Il était très heureux mon petit fils.
Alexandre a remercié le taxi-man en montrant sa belle voiture qui pourrait transporter le fauteuil roulant. Il nous a proposé de nous accompagner jusqu’à la voiture, de déposer nos affaires et le fauteuil roulant, et d’aller nous rafraîchir à la brasserie en face de la gare. .
Nous étions bien, en cette fin de soirée, en compagnie d’Alexandre qui a été ravi de faire la connaissance de Louise. Nous étions bien à la terrasse de cette brasserie.
Nous avons raconté à Alexandre comment nous étions arrivés ici. Alexandre nous admirait l’une et l’autre. Il était attendri en buvant nos paroles. Il riait, Alexandre. Je sentais qu’il était heureux. Il disait à Louise. « Mamy vient de fêter ses cent ans et elle entreprend le voyage de ses cent ans en compagnie de Louise, son amie ». Nous étions très heureuses qu’Alexandre soit enchanté et qu’il partage notre complicité.
Il nous a demandé ce que nous souhaitions faire dans la soirée. Louise avait bien son idée. Elle voulait revoir sa maison. La maison qu’elle avait héritée et qu’elle n’avait jamais beaucoup habiter. C’était son seul projet. Alexandre m’a demandé si j’avais un projet pour mes vacances. Nous ne repartirons pas avant huit jours.
Il ne pouvait pas quitter son travail. Il nous ramènerait dans une semaine. Il a réfléchi face à la réaction de Louise et il a dit que nous pouvions rester autant de temps que nous le souhaiterions. Il avait de la place dans son appartement. Il nous a demandé l’autorisation de donner de nos nouvelles, chaque jour à nos familles et à la maison de retraite. Nous lui avons répliqué que tous les deux jours suffiraient. Il ne fallait pas qu’il dépense son forfait téléphonique. Il a sourit, Alexandre.
Nous avons passé une soirée mémorable en compagnie d’Alexandre qui nous a présenté à ses amis. Mais, le lendemain, une nouvelle surprise nous attendait.
A suivre
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