
L’oiseau (4)
Le ciel se couvre de nuées jaunes et rouges, en ce matin de mai. Une brise s’élève et hérisse les plumes de l’oiseau qui est très songeur. Il songe à Pierre, le lapin géant qui dort près de la fleur bleue dans le jardin. L’oiseau n’a jamais rencontré un tel lapin durant tous ses voyages. Un lapin qui parle et qui danse quand il marche. Il marche sur le sol comme un danseur danse sur une piste vernis. Un lapin d'une élégance inouïe. Pourquoi cette rencontre ?
Pierre le lapin, se dit-il. Pierre le lapin géant qui se promenait et qui est entré dans ce jardin clos, par hasard. Le hasard ? L’oiseau sait bien que le hasard n’existe pas. Le hasard est un prétexte à des lois naturelles ou non, qui nous échappent bien souvent, ou que ne nous ne pouvons pas voir, pas remarquer.
L’oiseau le sait bien. Pourtant, il n’a pas essayé de comprendre pourquoi l’oiseau le cherchait, lui, l’oiseau qui a trouvé son monde auprès des petites fleurs dans un jardin clos, fermé, par des murs. Jardin que personne ne peut voir, même en cherchant bien.
L’oiseau a attendu que Pierre le lapin géant s’exprime. Qu’il exprime clairement ce qu’il voulait, ce qu’il attendait. Pierre, le lapin géant a dit à l’oiseau.
-Tu es là, je te cherchais. J’aurais brûlé des milliers de kilomètres à travers le monde pour te rencontrer. Tu es là.
Pierre, le lapin
géant, fatigué d’avoir brûlé des milliers de kilomètres est tombé dans le feuillage de la fleur bleue. Il est tombé de sommeil. Il dort toujours, Pierre le lapin géant.
L’oiseau le contemple du haut de la cime de l’arbre. Il ne voit que le lapin géant parmi les fleurs qui chantent au souffle du vent léger. Le vent léger qui annonce une belle
journée.
A suivre....



