
L’oiseau (5)
L’oiseau, aux aurores s’est envolé. Il a contemplé, un instant, Pierre le lapin géant qui dormait, bienheureux, parmi les fleurs qui chantaient toujours.
L’oiseau s’est envolé, d’un trait, vers la dernière étoile. Il a disparu dans les nuages de toutes les couleurs. Il ne pensait pas. Il volait dans le ciel.
Il ne forme, déjà, qu’une étoile, au-dessus des nuées de l’horizon.
Pierre, le lapin géant, ouvre un œil. Où est-il, se demande-t-il ? Il réalise, rapidement, qu’il est dans le jardin, parmi les plus belles fleurs qu’il a rencontrées durant ses
péripéties. Il regarde la cime de l’arbre. Il se dit que l’oiseau est parti. Où a t-il pu bien partir ? Reviendra-t-il ? Pierre le lapin géant, se souvient qu’il avait une question à
poser à l’oiseau. Une question dont la réponse aurait changé sa vie. Il ouvre les deux yeux. Il s’étire, très heureux d’être entouré par les fleurs. Les fleurs qui perdent de leur beauté au fur
et à mesure que le jour se lève. Pierre le lapin géant, ne comprend pas que les fleurs perdent leur beauté en plein jour. Les fleurs soupirent, qu’elles vont dormir. Elles ont chanté toute la
nuit et le jour, elles doivent dormir. Elles dorment à présent. Pierre le lapin géant pense qu’il est dans un monde bien étrange et il se demande s’il est bien dans le monde qu’il
cherchait.
Pierre, le lapin géant, marche sur le tapis d’herbes vertes. Il ne marche pas. Il effleure un tapis de verdure. Il danse, Pierre, le lapin géant. Il danse seul dans le jardin parmi les fleurs qui
se sont endormies.
Il ne peut pas sortir du jardin. Que des murs qui l’entourent. Aucune porte qui pourrait s’ouvrir sur une route. Il doit rester ici. Il n’a pas le choix. Pourquoi n’a-t-il pas le choix
? Un jardin qui n’est pas comme les autres. Pourquoi tous ces murs ? Pourquoi l’oiseau ne revient-il pas ?
Pourquoi le silence du jardin ? Le silence. Oui, c’est cela, se dit Pierre, le lapin géant. Il va apprivoiser le silence. Le silence qu’il ne connaît pas. Il a tellement brûlé de kilomètres qu’il
ne connaît pas le silence. Il écoute le silence. Le silence lui murmure des mots. Des mots qu’il n’avait jamais entendus. Des mots venus de l’infini. Il aperçoit une étoile. Une étoile qui joue
avec les nuages et les premiers rayons du soleil. Il écoute la mélodie de l’étoile. Une mélodie qui ressemble au chant d’un oiseau. L’oiseau s’est métamorphosé en étoile. Pas l’ombre d’un doute.
Pierre le lapin géant, danse sur les herbes du jardin et dans sa tête, il écoute la mélodie de l’oiseau. Il n’a pas à poser de questions. Il sait que l’oiseau l’a entendu. Il sait que l’oiseau
répondra à toutes ses questions sans les formuler. Pierre le lapin géant, sent le souffle de l’espoir en lui. Un espoir qu’il ne connaissait pas auparavant. Il avait grillé trop de
kilomètres pour le ressentir. Il attendait l’oiseau. L’oiseau qui chante, dans sa tête, la mélodie de l’infini.
Fin



