Dimanche 14 juin 2009
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La boulangère,
Je suis la boulangère du coin de l’avenue Marceau et de l’avenue de la République. Beaucoup de jours, de mois, presque deux
ans, se sont écoulés sans que je ne vous écrive. Linou le petit écureuil roux était parti. Je n’avais plus le cœur d’écrire. Plus le cœur, je vous l’assure. Je me suis perdue dans le
travail. Aveuglée de travail pour me consoler. Une consolation ? Une illusion, certainement. Il est là, à la cime du platane. Celui en face de la boulangerie. Le lampadaire éclaire sa
robe rousse. Linou le petit écureuil roux est revenu, me dis-je inlassablement. Il est revenu pour accomplir d’autres missions, m’a-t-il appris. Quelles missions ?
Les roses de mon jardin sont fleuries. Les tulipes se sont fanées, un matin de printemps. Les coccinelles jouent avec la lumière. Toute cette lumière. Le silence avait brisé la lumière.
Le silence de Linou le petit écureuil roux. Vous le comprendrez, aisément. Il était ma vie, mon espoir. Il s’était enfui. Je ne croyais plus en rien, ni en l’ange bleu et ni en la
lumière. La lumière brisée par le vent. Linou dort. La lumière scintille sur les arbres de l’avenue de la république. Des flots de lumière. Des éclats de lumière. A-t-il fait un long
voyage ? A-t-il traversé des mondes inconnus que nous ignorons ? Est-il fatigué de tant de voyages à travers
tous ces mondes inconnus, de nous les humains. Nous les humains qui croyons tout savoir, tout connaître et qui ne connaissons que ce que nous voyons. Rien. Je vous
l’assure.
Linou se réveille. Je cours. Je cours à sa rencontre.

Par clem22
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