Lundi 22 juin 2009
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Linou le petit écureuil roux,
Je sors de la boulangerie, m'approche de l’oiseau jaune et bleu qui m’attend sur le banc de l’arrêt du bus Marceau. L’oiseau jaune et bleu s’appelle Martin.
Il est un oiseau venu de l’infini, m’affirme-t-il. Je ne comprends pas ses propos. J’aurai tout le
temps pour comprendre, me dis-je en le suivant, pas à pas, dans la ville. Une ville que je reconnais
bien pour y avoir séjourné pendant quelques années. Martin, l’oiseau jaune et bleu, me dit que rien n’a changé. Ma mission n’a pas changé non plus. Je suis interloqué.
-Recommencer comme avant ? Non. Non. Je préfère repartir dans mon monde des petits écureuils roux. Je me souviens de ma dernière mission. Je me suis retrouvé
avec le crâne ouvert en délivrant des oiseaux. Plus jamais.. Plus jamais. Je ne veux plus souffrir. Je refuse une telle mission. Je vais repartir dans mon monde. J’y étais sans fois mieux. Le
monde des petits écureuils roux est plus agréable, moins risqué. La vie y est belle. Je n’aime pas la ville. Je dois repartir dans mon monde..
Martin, le petit oiseau ne se laisse guère impressionner par ma colère. Il doit bien me connaître, Martin l’oiseau jaune et bleu ! Il doit bien savoir que je flancherai dès que je verrai un pauvre malheureux.. Non, non, je ne me laisserai pas avoir. Il ne m’aura pas Martin, l’oiseau jaune et
bleu. Plus jamais, je ne flancherai. .
Martin l’oiseau jaune et bleu semble très sérieux. Il ne sourit pas. Il ne sourit
vraiment pas. Un air grave se lit dans son regard. Un air très grave. Je vais flancher. Je le sens bien. Tant pis ! Je le suis.. Il me conduit
dans un jardin. Le jardin au coin de la rue Jean-Pierre Timbaud et de l’avenue de la République, pas très loin de la boulangerie. Pourquoi me conduit-il ici ? Les fleurs sont magnifiques.
Les oiseaux tournoient sur les bosquets. Les papillons s’affolent autour des fleurs. Je ne comprends pas ce que je fais dans ce jardin peuplé d’enfants qui jouent dans le bac à sable ou au
ballon.
C’est facile, me dit Martin. Les oiseaux que je vois tourbillonner encourent un grave danger. Un voyou à col blanc a
décidé de répandre du poison sur les branches des arbres pour que tous les oiseaux meurent. Il faudrait éviter un tel drame. Je n’en crois pas mes yeux. Qui est ce voyou à col
blanc ? Pourquoi s’en prendrait-il à des être aussi innocents que des oiseaux ?
Martin ne baisse pas les bras… Il me faut enquêter, dès aujourd’hui, sur
ce voyou à col blanc, remonter jusqu’à lui et l’arrêter. Je n’ai pas à m’inquiéter, dès que mon enquête commencera, je serai aidé, précise-t-il.
Martin, l’oiseau jaune et bleu, s’élance, et s’envole dans le ciel. Il me laisse là et s’en va ! Je ne comprends rien du tout. Je ne crois même
pas que les oiseaux encourent un quelconque danger. Je n’y crois pas du tout. Martin n’est pas sérieux. Martin est parti et je suis dans ce jardin sans rien comprendre. Je ne m’en laisse pas
compter. Je sors du jardin. Je cours. Je ne cours pas longtemps. Quelqu’un m’appelle. Je me retourne. Je ne vois personne. Je lève les yeux vers les arbres en me disant que je suis devenu fou. Je
suis complètement fou, je dois entendre des voix. J’entends bien une voix. Martin, l’oiseau jaune et bleu est posé sur des arbustes en bordure de l’avenue de la République. Il me supplie de ne
pas partir, de le croire. Les oiseaux sont en danger. Il est convaincant Martin. Tellement convaincant que je reviens dans le jardin. J’appelle les oiseaux. Les oiseaux sont tristes à mourir.
D’une tristesse effroyable. Leur plumage et leur regard sont ternes. Plus ternes que le bitume. Que leur arrive-t-il ? Ils n’ont plus de voix. Ils ne peuvent rien me dire. Ils sont pétrifiés
par la peur. De quoi ont-ils peur ? Ils ont peur de la menace qui plane sur eux. Une lourde menace. J’aimerais comprendre. Je ne comprends pas l’abstrait. Une menace ne veut rien dire en
soi. Ils tournoient autour de moi. Ils me supplient de ne pas partir. Je dois les sauver. Comment les sauver ? Soudain, j’ai une idée. Revenir à l’arrêt du bus Marceau et discuter avec les
petits danseurs. Loïc et Léonard qui sont les messagers de la paix du monde. Ne pourront-ils pas m’aider à y voir plus clair pour trouver une solution ?
Je cours. Je cours vers l’arrêt du bus Marceau. Je ne peux plus m’arrêter. Une force incroyable me pousse vers les petits danseurs de l’arrêt du bus Marceau.
A suivre..
