Lundi 26 octobre 2009
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Linou le petit écureuil roux
Je marche sur le trottoir. Les oiseaux sont blottis contre le mur d’un immeuble, au dessus d’un panneau publicitaire. La lumière se refléte sur leur plumage. Le soleil perce à travers les
nuages gris et blancs. Les arbres perdent leur feuilles rousses. Le vent se lève. Je marche vite vers la vallée verte de l’ange bleu, à la rencontre de Pierre le lapin géant. Je me dis que je
rencontrerai, peut-être, l’ange bleu. Il y a tellement longtemps que je ne l’ai pas vu. Le temps a un peu effacé son image, un peu mon souvenir. Pourtant, je sais qu’il suffit que je fasse
un petit effort, pour que je me souvienne, pour que son image soit présente à mon esprit. Je marche sans regarder les voitures qui commencent à ralentir. Les embouteillages du matin,
silencieux ou bruyants, ne vont pas me déranger. Il ne m’ont jamais dérangé. Les souvenirs dansent dans ma tête, comme le souffle du vent d’un matin d’automne. J’arrive dans la
vallée verte de l’ange bleu. Je n’entends plus les voitures. Les oiseaux virevoltent autour des arbres. Les arbres brillent dans la lumière du matin et d’un ailleurs. Je sais bien que cette
lumière vient d’ailleurs. Pierre le lapin géant est là, assis sur un banc en bois. M'attend-il ? Je m'assois près de lui. Je lui demande s’il est vraiment sérieux
quand il prétend vouloir s’en aller de la vallée verte et vivre comme un humain. Pierre le lapin géant répond qu’il est très sérieux. Il a décidé de parcourir la France pour connaître
ce pays et découvrir la vraie vie d’un être humain. Pour connaître la vraie vie, il faut la vivre et non se l’imaginer. Que répondre ? Rien. Pierre le lapin géant se montre très
déterminé.
Pierre le lapin géant quitte la vallée verte de l’ange bleu à 10 Heures. Je le conduis à la gare. Il prend, pour la première fois, le train. Il semble heureux, assis près de la vitre.
Il contemple le paysage comme s’il n’avait jamais rien vu. Il observe les gens assis en face de lui et il semble heureux. Il veut les imiter. Je sais bien qu’il imite les
gens en face de lui. A force de les écouter, il comprend tout ce qu’ils disent et peut-être ce qu’ils pensent.
Il s'aperçoit vite que je suis stupéfait par sa métamorphose.
Je comprends, en quelques secondes, que Pierre le lapin géant, est devenu un humain, car il s’est retourné vers moi et il m’a dit que je « lui cassais les pieds ». Et il m’a dit
que je pouvais descendre à la prochaine station. Il poursuivra le chemin tout seul. Il se débrouillera sans moi..
Je suis rentré dans la ville et me suis endormi dans ma rose de lumière. J’attends des nouvelles de Pierre le lapin géant qui m’a promis de m’en donner par mail.
Linou.

Par clem22
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