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clementine severin

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poésie lettres

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La boulangère de l'avenue Marceau


La boulangère,

Je suis la boulangère du coin de l’avenue Marceau et de l’avenue de la République. Beaucoup de jours, de mois, presque deux ans,  se sont écoulés sans que je ne vous écrive. Linou le petit écureuil roux était parti. Je n’avais plus le cœur d’écrire. Plus le cœur, je vous l’assure. Je me suis perdue dans le travail. Aveuglée de travail pour me consoler. Une consolation ? Une  illusion, certainement. Il est là, à la cime du platane. Celui en face de la boulangerie. Le lampadaire éclaire sa robe rousse. Linou le petit écureuil roux est revenu, me dis-je inlassablement. Il est revenu pour accomplir d’autres missions, m’a-t-il appris. Quelles missions ?
Les roses de mon jardin sont fleuries. Les tulipes se sont fanées, un matin de printemps. Les coccinelles jouent avec la lumière. Toute cette lumière. Le silence avait brisé la lumière. Le silence de Linou le petit écureuil roux. Vous le comprendrez,  aisément. Il était ma vie, mon espoir. Il s’était enfui. Je ne croyais plus en rien, ni en l’ange bleu et ni en la lumière. La lumière brisée par le vent. Linou dort. La lumière scintille sur les arbres de l’avenue de la république.  Des flots de lumière. Des éclats de lumière. A-t-il fait un long voyage ?  A-t-il traversé des mondes inconnus que nous ignorons ? Est-il fatigué de tant de voyages à travers
tous ces mondes inconnus, de nous les humains. Nous les humains qui croyons tout savoir, tout connaître et qui ne connaissons que ce que nous voyons. Rien. Je vous l’assure.
Linou se réveille. Je cours. Je cours à sa rencontre.













Publié le 14/06/2009 à 12h17

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