Le 13 janvier 2010
Je lui écris sur ce grand cahier bleu.
Je m’installe toujours au même endroit,
Je lui écris les mêmes mots,
Je ne sais pas pourquoi, je lui écris.
Parfois, je me pose la question.
J’aurais dû lui écrire bien avant.
Je lui écris sur ce grand cahier bleu.
Je n’ai plus l’image de l’arbre bleu
Je crois qu’il s’agissait de la nuit.
La nuit qui m’entourait et m’appelait
Je ne sais pas pourquoi je lui écris
Pourquoi maintenant ?
Lit-t- elle mes lettres ?
La tête penchée sur le grand cahier bleu.
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Cette page est sacrée.
Ne la lisez pas.
Cette page est blanche
Ne la regardez pas.
Elle est sacrée
Elle ne parle de rien.
Les mots couverts de bleu
Ou d’une autre couleur
Ne ressemblent à rien
Peut-être une baie vitrée
S’ouvrira-t-elle sur les mots
Cette page est sacrée
Ne la lisez pas.
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Il neigeait à gros flocons, ce matin
La lumière des immeubles scintillait
Regardais-tu la neige ?
Je la regardais sans penser
Je ne savais pas quoi penser
Il neigeait à gros flocons, ce matin
Les lumières brillaient sur les flocons.
Des flocons comme des plumes d’oiseaux.
Les oiseaux se cachaient.
Dans les bouches des immeubles
Il neigeait à gros flocons, ce matin.
Des plumes d’oiseaux
Demain il fera beau
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Midi.. le 13 01
Chère M.
Je suis revenue tout près de la baie vitrée pour t’écrire. J’allais écrire que je suis revenue là ,comme autrefois où j’ai le sentiment de te retrouver.
Quel autrefois ?
Il neigeait, ce matin à gros flocons sous les lumières de la ville. Les voitures roulaient au ralenti. Les passagers du bus étaient plus nombreux que les autres matins.
Sais-tu que j’ai écris à quelqu’un que tu connais bien. Je lui ai écris. Je voulais qu’il se souvienne de toi. Qu’il n’oublie pas le passé. Pourquoi devrait-il ne pas s'en souvenir ?
Il n’a pas répondu. Je me doutais qu’il ne répondrait jamais. Il n’a pas d’excuses. Aucune. Son silence trahit le passé. Trahit qu’il ne t’aimait pas. Il a préféré protéger ceux qui nous emportaient vers l’autre monde. Je lui ai écrit pour qu’il n’oublie pas ce passé. Je le lui ai dit autrement. Tu sais. Le pouvoir des mots. Ceux que l’on emploie pour dire sans dire.
Il n’a pas répondu.
Aurais-tu cherché du regard, les deux pigeons de la veille qui se disputaient sur la terrasse de l’immeuble, en face ? Ils sont encore là. Ils se disputent un bout de pain ou des miettes.
Quelqu’un s’approche de moi. Je ferme le cahier. Je t’écrirai, demain, peut-être.
Clémentine S.

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